NEWS DU TOURISME AU SÉNÉGAL
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Vers quel tourisme ?

Article publié dans l'édition du Mardi 23 décembre 2003 du Soleil

Le tourisme est considéré comme un secteur économique de premier ordre, il constitue une branche hétérogène, parce que regroupant des activités diverses allant du transport, du bâtiment, de l’agriculture, des télécommunications, de l’industrie, de la pêche, de l’aménagement... C’est un secteur pourvoyeur de devises. Il constitue donc un vecteur de croissance économique et de création d’emplois, surtout dans les pays en voie de développement.

Le tourisme implique le déplacement de personnes des centres émetteurs vers les centres récepteurs, dont l’objectif est d’apprécier les produits mis à leur disposition selon leurs besoins, motivation et ressources : patrimoines culturel et bâti, traditions locales, milieu naturel, sport, religion... favorisant le développement d’activités économiques.

Le tourisme se présente comme un véritable vecteur de développement de l’artisanat, de l’industrie et du bâtiment, dope l’agriculture et la pêche et exige la mise en place d’infrastructures sanitaires, aéroportuaires et routières, de réseaux de télécommunication très performants, créant ainsi des emplois directs et augmentant les recettes fiscales de l’Etat et met en contact des peuples différents dans le respect des us et coutumes des uns et des autres.

Ces enjeux font que le tourisme peut devenir une source de déséquilibre naturel et économique et tensions socioculturelles dans les centres récepteurs en général et dans les pays en développement en particulier.

Il met en scène des acteurs aux intérêts divergents : Etat, promoteurs, touristes et populations locales. Parmi les causes de conflits on note : l’appât du gain, la surexploitation des sites naturels et historiques, l’expropriation et la non-prise en compte des intérêts des populations locales par l’Etat et les promoteurs pour l’implantation et l’exploitation des sites et stations touristiques..., l’absence de politique cohérente de développement du tourisme, la profanation du culturel pour les amateurs d’ésotérisme, le mimétisme culturel souvent en porte-à-faux avec les traditions locales. Ce qui fragilise les équilibres naturels, socioculturels et économiques.

D’où la nécessité de repenser le tourisme et son organisation de manière à préserver l’environnement, à éviter les conflits entre acteurs et à permettre aux générations présentes et futures de satisfaire leurs aspirations et profiter pleinement des ressources de la terre.

BABA NDOYE