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Assainissement du tourisme à Saint-Louis : Ousmane Masseck Ndiaye lance un avertissement aux hôteliers et aubergistes

SAINT-LOUIS - Dans une vision prospective de développement du secteur touristique au Sénégal, et plus particulièrement dans la région Nord, le ministre du Tourisme, Ousmane Masseck Ndiaye, a lancé un sérieux avertissement aux hôteliers et autres gérants d’auberges de la place pour se conformer à un tourisme sain et de qualité face aux dérives et méfaits pervers qui commencent à ternir l’image de Ndar.

Ousmane Masseck Ndiaye a fait cette déclaration à la clôture du séminaire résidentiel sur l’hygiène, la sécurité et l’environnement du secteur touristique, tenu Samedi 05 juillet 2003 à l’Hôtel de région de Saint-Louis. Le second après Saly d’une série qui se poursuivra, selon Mamadou Racine Sy, président du Syndicat patronal de l’Industrie hôtelière au Sénégal, initiateur de cette rencontre de Saint-Louis, en collaboration avec le Conseil national du patronat sénégalais (CNP) dans les autres zones touristiques du pays : à Tambacounda, Fatick et Ziguinchor.

Ainsi, pour sauvegarder tous ces atouts, le ministre, par ailleurs Maire de la ville, n’est pas allé par quatre chemins pour lever un coin du voile.

Il a annoncé que l’Etat et la commune ne ménageront aucun effort pour parer au plus pressé pour réprimer, face au phénomène, tous hôtels ou auberges pris en flagrant délit de ces pratiques. Même si, semble-t-il, le phénomène n’a pas pris une ampleur inquiétante. "Nous n’accepterons pas l’inacceptable et que, désormais, des brigades de vigilance seront déployées au niveau des Réceptifs hôteliers. Il s’agira de ne plus tolérer que des jeunes adolescents fréquentent ces réceptifs", a laissé entendre le ministre du Tourisme. Car, selon lui, "face à ce boom touristique, nous avons l’obligation de protéger le secteur. Et que, de ce point de vue, on ne peut pas admettre des pratiques malsaines dans l’art de vivre à Saint-Louis, façonné depuis plusieurs siècles ".

45 855 TOURISTES EN 2001

Avec un effectif de 45 établissements hôteliers pour 700 chambres et 1500 lits, la région de Saint-Louis connaît depuis quelques années un réel essor touristique. L’ancienne capitale du Sénégal et de l’Afrique Occidentale Française (AOF), connue pour son hospitalité légendaire qui a dépassé nos frontières, est non seulement très prisée par les touristes, mais également par les nationaux eu égard au fait que la ville est classée même par l’UNESCO patrimoine de l’humanité. En 2000 : 44 722 touristes ; et 2001 : 45 855 touristes ont visité Saint-Louis, selon les statistiques des services touristiques qui donnent une idée du taux d’accroissement des visiteurs en 2002 et cette année encore où la saison touristique tire à sa fin. D’où, il convient de prendre des mesures pour rendre particulièrement la destination Saint-Louis plus accueillante et, en général, la destination Sénégal qui a connu ces dernières années une concurrence très rude de certains pays africains comme la Tunisie, le Maroc, etc.

SANCTIONNER LES BREBIS GALEUSES

L’objet visé à travers le séminaire s’inscrit en droite ligne dans la dynamique de l’application de la Charte Nationale sur la Prévention des Risques, la Gestion des Accidents et catastrophes en milieu professionnel. A juste titre, d’ailleurs, de l’avis de Mamadou Racine Sy, le président du syndicat pour qui le secteur touristique ne doit plus connaître les problèmes qu’il a connus dans le passé au niveau des hôtels, notamment des problèmes d’incendie ou d’intoxication. "Parce que ça participe aussi à l’image de la destination Sénégal. Les gens, quand ils se posent des questions sur l’hygiène, sur des problèmes environnementaux dans un pays, ils ne sont pas enclins à aller dans ce pays-là", clame-t-il.

C’est pour cela, indique Mamadou Racine Sy, "que le syndicat patronal de l’Industrie hôtelière du Sénégal a décidé d’aller à la rencontre des professionnels dans toutes les zones touristiques du Sénégal afin qu’ils prennent conscience des enjeux de ce secteur du tourisme qui constitue la première économie mondiale, selon Mamadou Racine Sy, et qui génère aujourd’hui dans notre pays plus 75 000 emplois. Et cela est extrêmement important. Le président du syndicat patronal de l’industrie hôtelière s’est voulu clair sur ce point de vue partagé avec le Ministère de tutelle. "Nous voulons aujourd’hui que les établissements qui respectent les normes d’hygiène et de sécurité puissent continuer à exercer leurs activités normalement. Mais, que les établissements qui ne respectent pas ces normes, donc qui sont des brebis galeuses à la profession, soient sanctionnés sans faiblesse et sans laxisme".

Au terme des assises, d’importantes recommandations ont été faites sur le renforcement des capacités des acteurs du tourisme dans le cadre de la formation du personnel. Notamment sur les risques d’incendie, d’intoxication alimentaire. La mise en place dans les chambres d’un système d’alarme pour prévenir les occupants en cas de catastrophes, la tenue d’un registre de sécurité que le Conseil supérieur du tourisme, qui verra bientôt le jour, va contrôler. Et cela d’une manière permanente, avec ses démembrements au niveau régional.

La gestion des ordures ménagères, l’inaccessibilité de l’hydrobase à la Langue de barbarie où l’on sait que plusieurs réceptifs se sont installés dans l’anarchie totale, sont autant de problèmes qui ont été évoqués au cours du séminaire. Les autorités comptent bien prendre des mesures et un plan d’aménagement de la Langue de barbarie est en cours d’élaboration, qui permettra de corriger, selon le ministre du Tourisme, tout cela dans la problématique de la gestion de l’environnement du patrimoine communal de Saint-Louis.


MOHAMADOU SAGNE
Le Soleil 07.07.03