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REVALORISATION DE LA DESTINATION CASAMANCE : Les
professionnels du tourisme se mobilisent contre la désinformation
LE SOLEIL - Article publié dans l'édition du
Vendredi 2 janvier 2004
Comment arriver à redorer le blason du tourisme en
Casamance et particulièrement dans le Kafountine-Abéné
; c’est le principal combat que livrent actuellement
les professionnels du milieu dans la zone. En effet, depuis
l’ouverture de la présente saison, certains établissements
touristiques de Kafountine sont en train de se mobiliser aux
côtés des autorités locales pour que les
touristes et les tours opérateurs renouent avec cette
destination. Un combat qui passe nécessairement par
la lutte contre cette campagne de désinformation dont
la Casamance est victime, du fait de la crise qu’elle
a connue, en dépit de l’accalmie effective notée
sur le terrain depuis quelque temps. C’est dans ce sens
que le groupe Defrancq, propriétaire de l’hôtel
Karone, a enclenché une série d’initiatives
tendant à revaloriser cette destination. Plusieurs
manifestations sportives et culturelles ont été
organisées sur place, à Kafountine, au cours
desquelles Européens venus en villégiature et
autochtones ont pu se rendre compte que le processus de paix
et la stabilité deviennent de plus en plus réels
sur le terrain. La Casamance, déplorent les populations
de Kafountine, ne peut être considérée
comme une zone rouge, déconseillée aux touristes.
Une désinformation qui n’a fait que porter un
préjudice à la destination. En effet, si l’on
en croit les informations glanées un peu partout, un
professionnel sénégalais, qui se trouve actuellement
dans un pays du Maghreb, serait même impliqué
dans cette campagne de désinformation sur la Casamance,
en demandant à des touristes qui voulaient passer les
vacances de Noël à Kafountine et à Abéné,
de ne jamais emprunter cette destination. Autant d’informations
motivées par quel intérêt, on ne sait,
et qui ont fini de prendre des proportions importantes, contrairement
à ce qui se passe sur le terrain.
À l’exception du site du Cap-Skirring, aucun
circuit n’a démarré en Casamance, au grand
dam des professionnels du tourisme et de tous ceux qui s’activent
dans des occupations collatérales. On peut citer, entre
autres, la pêche, l’agriculture, l’élevage,
le maraîchage…
ÉTAT DES LIEUX
Kafountine-Abéné est la zone qui souffre le
plus de cette campagne de restriction sur la destination Sud
du Sénégal. En effet, même si la tendance
s’annonce avec beaucoup de lueurs d’espoir, il
faut noter que le taux de fréquentation des touristes
dans la zone reste encore en dessous des espérances,
malgré l’accalmie notée sur le terrain.
Les réceptifs n’affichent pas encore le plein.
Les établissements, même si leurs responsables
n’avancent pas de chiffres, sont tous déficitaires
depuis les années 1990. Des mesures coercitives ont
été aussi prises en matière d’emplois.
Ils sont nombreux, les employés qui se trouvent en
ce moment au chômage ou à ne fournir que des
prestations temporaires dans certains établissements.
Une situation qui a fini de mobiliser les professionnels du
milieu qui comptent désormais œuvrer aux côtés
de l’Etat, notamment le ministère du Tourisme,
en menant un combat pour la redynamisation du secteur touristique,
principal levier de l’économie au niveau de la
région Sud.
Pour cela, certaines mesures d’accompagnement s’imposent.
En effet, dans la zone de Kafountine, il est nécessaire
que l’Etat procède à un aménagement
du littoral et de la façade maritime pour sauvegarder
l’environnement.
En ce qui concerne les campements privés, l’épineux
problème reste la prolifération tout azimuts
des maisons privées qui, en toute irrégularité,
reçoivent des étrangers sans être inquiétées.
Un phénomène qui constitue aujourd’hui
une réelle menace à la survie des campements
villageois qui, pourtant, en dépit de la morosité
économique, tiennent encore le coup. Ils n’ont
pas tardé à tirer la sonnette d’alarme
par la voix de leur coordonnateur, Mamadou Conta.
En effet, après avoir évoqué tout le
préjudice que les campements privés subissent,
à cause de ce phénomène, M. Conta de
Abéné estime que l’Etat doit veiller sur
cette situation au plus haut point. En outre, les rigueurs
du fisc et la vétusté de certains établissements
privés constituent aussi un goulot d’étranglement
pour les gérants de campement.
En ce qui concerne les moyens de communication, la zone de
Kafountine, deuxième site balnéaire de la Casamance,
ne dispose pas encore d’un réseau cellulaire.
La ligne du téléphone fixe est aussi régulièrement
perturbée. Autant de difficultés que les jeunes
d’Abéné poseront certainement au cours
du festival de leur localité.
SEYDOU PROSPER SADIO
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