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Baisse inquiétante du taux de remplissage
des réceptifs saint-louisiens
LE SOLEIL - Article publié dans l'édition du
Jeudi 12 février 2004
L’activité touristique est très morose
dans la région de Saint-Louis, malgré l’ouverture
en grande pompe de la saison 2003-2004. Les hôteliers
sont toujours dans l’attente de flux consistants de
touristes. Mais, ces derniers se font encore désirer.
Et le taux d’occupation des réceptifs a chuté
de 40%. Cette estimation de baisse est faite par Yannick Philip,
propriétaire de l’Hôtel de la poste et
vice-président du Syndicat d’initiative de Saint-Louis.
L’inquiétude se lit sur tous les visages des
hôteliers de la ville, à la comparaison des taux
de remplissage actuels à ceux de l’année
dernière. Des menaces de chômage technique ou
des licenciements du personnel sont brandies par Yannick Philip,
si la tendance se poursuit au risque d’entraîner
des pertes difficiles à juguler. Les deux raisons principales
évoquées, parmi tant d’autres, sont le
manque d’efficacité de la politique de promotion
touristique et certaines contraintes liées à
la desserte aérienne. De l’avis des hôteliers,
Il faut que les pouvoirs publics interviennent en synergie
avec des professionnels du secteur pour mettre en place une
stratégie de promotion de la destination autour de
la diversification des produits comme le tourisme culturel
et de découverte pour attirer davantage de touristes.
En fait, le syndicat d’initiative devrait être
plus agressif à la haute saison touristique, pour pouvoir
la faire coïncider avec l’agenda culturel de Saint-Louis.
Il s’y ajoute la reprise des liaisons aériennes
entre Paris et l’aéroport de Dakar-Bango. Sinon
l’immense espoir du repositionnement du tourisme saint-louisien
va reconnaître un mauvais sort, alors que le déclic
a été enclenché. Les hôteliers
de Saint-Louis sont très remontés contre l’arrêt
temporaire des vols de la Star-Air-Lines qui reliaient chaque
semaine Paris à Saint-Louis. Cette compagnie est la
seule qui desservait des touristes et des Sénégalais
venant d’Europe sur la destination Saint-Louis,
ARRET DU VOL STAR-AIR-LINES La dernière rotation de
Star-Air-Lines est intervenue le 7 janvier dernier en pleine
exécution du contrat la liant aux agences touristiques.
Elle a cessé toute activité vers le Sénégal
alors qu’elle avait sur ses livres d’assez nombreuses
réservations pour des retours de congé et de
vacances, de Saint-Louis vers l’Hexagone. Selon Jacques
Jean Bancal, le patron de Sahel Découverte, une des
principales agences qui favorisaient cette liaison Paris-Saint-Louis,
grand est le désagrément que ces annulations
ont occasionné. Cela a contribué à vider
la ville de Saint-Louis de ses habitués : Hôtels
et auberges sont maintenant remplis au quart alors que tous
affichaient au complet. Pour les hôteliers, le boum
touristique que l’ancienne capitale du Sénégal
était en train de connaître depuis 1980 est en
train d’être réduit à néant.
Les raisons avancées pour justifier l’arrêt
de la Star-Air-Lines sont les mauvaises ventes, donc une question
de rentabilité. D’autres ajoutent que la volonté
d’Air Sénégal International de ne pas
souffrir de sa concurrence n’est pas à écarter.
Dans le contexte actuel, l’arrêt des rotations
de Star-Air-Lines représente un manque à gagner
énorme pour les régions de l’axe nord
: Matam, Podor, Richard-Toll et autres localités, avec
les Sénégalais de la Diaspora qui venaient pour
passer les vacances en été comme en période
de froid. Ils avaient l’avantage de descendre à
l’aéroport de Dakar Bango pour rejoindre leurs
familles loin des tracasseries de la capitale. Pour maintenir
cette liaison, l’agence de tourisme Sahel Découverte
payait même les places vides, a-t-on appris. Son propriétaire
aurait proposé à Air Sénégal de
reprendre la rotation hebdomadaire en payant 60 places réservées.
Mais, il n’aurait pas encore reçu de réponse.
En attendant, l’aéroport de Saint-Louis est quasiment
en cessation d’activités, depuis l’arrêt
de ce Vol Star-Air-Lines qui le desservait depuis 1998, à
l’initiative du ministre du Tourisme de l’époque,
Tidiane Sylla. Les hôteliers ont interpellé l’actuel
ministre, Ousmane Masseck Ndiaye, par ailleurs maire de Saint-Louis.
Il aurait saisi le président de la République,
Me Abdoulaye Wade, sur cet épineux problème
qui soulève l’ire des hôteliers de Saint-Louis.
BABACAR MAURICE NDIAYE
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