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COMMUNAUTE RURALE DE PALMARIN FACAO : Les populations
veulent développer l’écotourisme
Article publié dans l'édition du Mercredi 8
octobre 2003 du Soleil
Les autorités de la communauté rurale de Palmarin
Facao veulent promouvoir le développement de l’écotourisme
dans la réserve naturelle communautaire de cette zone.
Mais, pour ce faire, il leur faut d’abord cerner les
“enjeux du développement d’un écotourisme
à Palmarin” et élaborer, un plan de gestion.
C’est à cet exercice que le conseil rural a convié
les élus, les acteurs locaux, la société
civile, le ministère de tutelle, les opérateurs
et les investisseurs de tourisme à l’occasion
d’un forum organisé durant deux jours à
Palmarin Facao.
Palmarin est une petite communauté rurale d’une
superficie de 77 km2 et elle est peuplée de 9620 âmes.
Et elle est répartie en 6 villages administratifs.
Palmarin dispose d’une réserve naturelle communautaire
créée le 18 mai 2001. C’est dans la réserve
que les autorités locales veulent introduire l’écotourisme.
Selon le président de la communauté rurale,
Ibrahima Sarr, l’apport que l’écotourisme
peut produire à Palmarin est très varié
parce qu’il y a en fait plusieurs tendances qui se dessinent,
soulignant qu’avant, ils ne se souciaient pas de ce
que représente leur patrimoine culturel mais avec l’écotourisme,
ils vont pouvoir revaloriser toutes ces valeurs, et aussi
de capitaliser ce patrimoine et d’en faire une Banque
de données qui va servir à tout le monde. Aussi,
soutient-il que cette autre richesse que l’écotourisme
va développer, c’est en fait le renforcement
de la préservation des ressources naturelles, précisant
qu’il y a à l’heure actuelle, un retour
de la faune qui avait disparu de cette zone depuis quelques
années. Dans la même lancée, M. Sarr fait
noter que l’écotourisme peut générer
des emplois fixes et en dehors de cela, il y a toutes les
activités qui gravitent autour. “Le simple fait
de restaurer la ballade par pirogue, la rame, la voile, est
une très bonne chose car se sont des apports additionnels
qui vont profiter à la population” l ance-t-il.
Mettant l’accent sur la mise en place d’un plan
de gestion de l’écotourisme, M. Sarr signale
que parmi les axes de ce plan ,il y a la réorganisation
des populations autour d’un comité local de l’écotourisme
qui aura à rassembler toutes les forces vives de la
communauté rurale et toutes les organisations de base.
Et pour cela, il y aura une définition d’un cahier
de charges “afin que tout le monde puisse se retrouver
dans ce que nous faisons”.
Parlant du plan de gestion d’aménagement de
la réserve, il fait noter que la réserve a besoin
d’être réalisée “pour qu’on
puisse définir le circuit touristique et les activités
à mener”. Cela va nous amener à dire voilà
un code de conduite qui va permettre à tout un chacun
de se retrouver et d’avoir le bénéfice
et les intérêts escomptés”, selon
le président du conseil rural qui ajoute que la mise
en oeuvre du plan de gestion requiert un renforcement des
capacité et l’implication des investisseurs.
M. Sarr a tenu à saluer la collaboration entre le conseil
rural et le ProCR qui a alors entrepris une enquête
sur les enjeux de l’écoutourime à Palmarin
et défini les axes du programme du forun ainsi que
les termes de référence. Aussi, la PAGERNA et
l’UICN ont participé à ce forum.
Pour le conservateur de la réserve naturelle communautaire
de Palmarin, le lieutenant Moussa Diatta, l’écotourisme,
c’est d’abord un tourisme orienté vers
la nature, qui respecte la nature, et les usages des populations
vivant en périphérie dans la zone. Il a souligné
que c’est donc un tourisme qui n’est pas facteur
de perturbations et d’effets pervers et c’est
un sujet qui vient à son heure. Dans la même
lancée M. Diatta a indiqué que l’écotourisme
doit fonctionner dans la réserve naturelle communautaire
et par conséquent, il s’avère nécessaire
que les gens puissent établir des codes de conduite
pour gérer les ressources de cette réserve-là.
De son côté, Papa Ibrahima Diouf, conseiller
technique du ministère chargé de l’écotourisme
et de l’environnement, a rappelé que selon une
définition consensuelle, l’écotourisme
est une composante de produits qui cherche d’abord et
avant tout à valoriser le patrimoine naturel et culturel
avec cependant un certain nombre de conditions de base.
Et M. Diouf est d’avis que les populations à
elles seules ne peuvent pas faire de l’écotourisme,
ajoutant qu’il est important que les populations travaillent
avec les acteurs du tourisme dans la localité et que
l’Etat apporte son soutien. Mais, dira-t-il, il est
aussi important que le secteur privé et les partenaires
au développement soient associés dans la mise
en oeuvre de l’écotourisme. De plus, il a annoncé
que le ministère du tourisme dispose de deux programmes.
Il s’agit du programme de développement durable
au Sénégal et le document de planification qui
essaie de planifier le programme d’écotourisme
entre 2002 et 2007.
A l’issue des travaux de l’atelier sur l’écotourisme
et l’aménagement du territoire/l’environnement,
un chapelet d’activités a été proposée.
Entre autres, il y a la création d’un comité
local d’écotourisme, la mise en place d’une
convention locale/code de conduite, l’électrification
de la zone, l’évaluation de la proposition de
construction d’une piste d’aviation, l’amélioration
des routes, la réalisation d’un cadastre rural,
l’élaboration d’un plan d’aménagement
de l’écotourisme, la lutte contre l’érosion
marine.
Aussi, il a été proposé la création
d’une base de données de la réserve et
d’un système d’écoguides, la construction
de campements d’écotouristiques, la définition
de circuits touristiques, la création d’un fonds
d’entretien de la réserve.
Oumar Ngatty Ba
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