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PARC NIOKOLO-KOBA : Une vaste réserve bientôt cinquantenaire
(Le Soleil - Samedi 16 Août 2003)

Créé à l’époque coloniale, en 1954, le Parc Niokolo-Koba est situé à la limite des régions administratives de Tambacounda et de Kolda, sur le Fleuve Gambie, près de la frontière guinéenne dans la partie Sud-Est du Sénégal. Il se trouve dans une zone au relief relativement faible avec quelques alignements de collines atteignant environ 200 mètres, séparées par de vastes bassins d’inondation qui sont recouverts d’eau durant la saison des pluies.

Actuellement, il est difficile d’y accéder en raison des fortes pluies qui arrosent la zone. Le parc est traversé par le fleuve Gambie et ses affluents, le Niokolo-Koba et la Koulontou.

Pour la petite histoire, le 17 septembre 1937, un arrêté du Gouverneur général de l’époque présentait le Parc comme " une réserve partielle de chasses ".

Cette aire protégée, la plus importante du pays, a des conditions écologiques très favorables. Ce qui justifie, en grande partie, la présence d’une biodiversité importante, notamment la grande faune de l’Afrique de l’Ouest. Cette biodiversité a été à l’origine de l’évolution de son statut avec cette déclaration des institutions internationales, comme l’UNESCO, en Patrimoine mondial et réserve en biosphère. C’était en 1981.

À sa création, il s’étendait à sur 260.000 ha avant d’atteindre une superficie de 470.000 ha en 1965. Quelques années plus tard, la boucle de Damantan, une zone d’intérêt cynégétique, a été rattachée au parc dont la superficie est passée à quelque 913.000 ha. Plusieurs forêts classées et réserves ont été adjointes au parc.

Dans cette zone, la végétation est surtout constituée de savanes boisées, de forêts sèches, d’arbres et d’arbustes de type soudanien avec comme espèces principales les pterocarpus ericaneus, erythrophleum africanum, sterculia setigera, etc.

Dans un document de 1981, la FAO indiquait que 78 % des forêts-galeries du Sénégal se trouvaient à l’intérieur du parc. Près de 1.500 espèces de plantes ont été recensées. Un exemple de flore spéciale existe avec plusieurs espèces à la limite occidentale de leur aire de distribution. Avec sa richesse faunique fabuleuse, le parc comptait 80 espèces de mammifères, 330 espèces d’oiseaux, 36 espèces de reptiles, 2 d’amphibiens et 60 de poissons recensées ainsi que plusieurs invertébrés. D’autres animaux ont été recensés, même si certains sont de plus en plus rares. Il s’agit de carnivores comme la panthère, le lion, le loup d’Afrique. On peut également retrouver des buffles, des antilopes, un millier d’élans de Derby, des hippopotames, des phacochères, etc. Le parc est le dernier refuge d’éléphants dits Loxodonto Africana. Les chimpanzés et babouins y sont en masse.

Le Niokolo-Koba souffre de certaines attaques avec la destruction de la forêt et surtout le braconnage. Aujourd’hui des résultats très encourageants ont été enregistrés par l’équipe du Lieutenant Bocar Ndiaye nommé conservateur, il y a près de deux ans.

L’État du Sénégal a déjà consenti de gros efforts, avec l’aide de ses partenaires au développement et institutions internationales pour une gestion participative, efficace et soucieuse de la préservation des ressources biologiques.

Cependant, malgré tous ces efforts, les ressources humaines ont grandement diminué avec les départs à la retraite de plusieurs agents chargés de la protection de la faune.

Lors des journées de réflexion organisées à Tambacounda par le ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature, il a été beaucoup question de l’avenir du parc et de l’ouverture de sa gestion à des privées.

" L’évolution du contexte économique et social, constatée au niveau du secteur primaire en particulier, l’insuffisance des ressources allouées à la direction des Parcs nationaux, la méthode de gestion limitée compte tenu de l’immensité du parc, entre autres, constituent des facteurs qui menacent à termes l’avenir du Niokolo-Koba ", avait indiqué un participant.

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