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PAPA IBRAHIMA DIOUF, CONSEILLER TECHNIQUE : “L’écotourisme
est un complément par rapport au balnéaire”
LE SOLEIL - Article publié dans l'édition du
Vendredi 12 Mars 2004
Lors du forum sur les enjeux de l’écotourisme
organisé par la Communauté Rurale de Fimela,
Papa Ibrahima Diouf, conseiller technique chargé de
l’écotourisme au ministère du Tourisme,
a présenté aux participants une communication
portant sur l’écotourisme.
Selon Papa Ibrahima Diouf, aujourd’hui, le concept
écotourisme autorise beaucoup d’espoir : “
parce que dans un pays comme le nôtre, on peut concevoir
qu’il est un complément par rapport au balnéaire
”. Il a ajouté qu’il n’est pas encore
une alternative mais : “ nous pensons qu’il peut
avoir comme ambition une alternative dans le moyen et long
termes par rapport au balnéaire ”.
Pour donner une définition consensuelle du concept
d’écotourisme, M. Diouf le résume comme
étant la valorisation du patrimoine naturel, culturel
et artisanal, la prise en compte de l’environnement
dans les activités liées au tourisme et à
l’hôtellerie, le respect des mœurs et valeurs
locales, le partage équitable des bénéfices,
la génération des revenus au niveau local et
enfin la création d’emplois.
Notre interlocuteur pense que les potentialités naturelles,
culturelles et artisanales existent bel et bien au niveau
de Fimela, et il appartient au conseil rural de chercher les
voies et moyens pour mettre en place un comité local
qui doit regrouper l’ensemble des acteurs qui gravitent
autour du secteur du tourisme. Ce comité local, dira-t-il,
doit d’abord travailler et mettre en place un Plan Local
de Développement spécifique à l’écotourisme,
mais il est tout aussi important de rédiger un guide
du tourisme responsable, parce que ce guide a pour mission
de sensibiliser les touristes sur les comportements et les
attitudes qu’ils doivent avoir en visitant cette localité.
Et le conseiller technique a révélé qu’au
Sénégal, 13 zones écotouristiques ont
été identifiées : “ mais comme
il n’est pas possible de développer l’écotourisme
partout en même temps, nous avons pu voir à partir
d’un certain nombre de critères qu’il y
avait, au niveau de notre pays, 4 zones prioritaires, c’est-à-dire
: le Delta du Fleuve Sénégal au Nord, la région
de Tambacounda, le Delta du Saloum, la zone Mbour-Joal-Fadiouth-Palmarin
”.
Au niveau de ces 4 zones, a-t-il ajouté, le patrimoine
naturel existait avec les parcs et les réserves et
il y a aussi le patrimoine au point de vue culturel et artisanal.
“ Vu l’état de pauvreté qu’il
y a dans notre pays et les richesses culturelles artisanales
et naturelles, je suis assuré à dire que les
populations assises sur des mines d’or vivent dans la
pauvreté, parce qu’on n’a pas pris le temps
et le soin de renforcer leurs capacités pour les amener
à développer un programme ou un projet en écotourisme
”, selon M. Diouf qui signale également que le
comité local a pour rôle de définir un
plan de gestion lié à l’écotourisme.
Et pour cela, note-t-il, il faudrait identifier, au niveau
de chaque zone, les sites et les potentialités.
De plus, il a expliqué que dans un pays comme le Sénégal,
le tourisme joue un rôle économique majeur, précisant
que pour l’année 2003, le Sénégal
a reçu 700.000 touristes et le secteur du tourisme
a créé 75.000 emplois directs et 25.000 emplois
indirects et les recettes du tourisme ont été
estimées à 200 milliards de francs CFA.
Un autre aspect en écotourisme reste lié au
renforcement des capacités des populations locales.
De l’avis de M. Diouf, il est important de mettre l’accent
sur la formation de tous les acteurs qui gravitent autour
du tourisme et cette formation doit viser une démarche
de qualité totale : la qualité des sites, de
l’accueil, du transport, de l’hébergement
et de la restauration des guides.
“ Faire de l’écotourisme ne remet pas
en cause l’activité principale ”, dira
M. Diouf qui pense qu’un pêcheur du lundi au vendredi
peut s’occuper de son activité de pêche
mais le temps d’un week-end, il peut se permettre d’assurer
le transport des touristes pour faire des ballades en mer
et cela va lui procurer des ressources additionnelles.
Aussi, il a indiqué qu’après la définition
des circuits écotouristiques, il faut passer à
la formation des écoguides et puis en relation avec
les partenaires d’aide au développement, notamment
les bailleurs de fonds, réaliser des infrastructures
qui vont être bénéfiques aux populations
locales. Cela peut être des campements, des buvettes,
des bars, des restaurants, des boutiques où les touristes
auront la possibilité d’acheter des produits
artisanaux.
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