| Arrêtons
de porter la faute sur les autres !
Les prix bas et les prestations médiocres pratiquées
sur la Petite Côte et l’ensemble des sites
touristiques, tirent à la baisse les résultats
de la saison touristique, qui connaît déjà
des difficultés.
La station de Saly Portudal va devoir revoir sérieusement
son modèle de gestion touristique. A l’heure
des mutations consuméristes, beaucoup de touristes
(haut de gamme) sont partis, laissant la place aux touristes
dont le pouvoir d’achat est limité. S’y
ajoute la concurrence déloyale des résidences
hôtelières, de même que des destinations
telles que la Tunisie, le Maroc, la République
Dominicaine, la Croatie etc…
Mais le véritable problème, c’est
qu’il faut arrêter de se trouver des excuses
: c’est toujours la faute des autres… Au
Sénégal, il y a un véritable problème
de prestations : elles ne correspondent ni au prix ni
à la qualité des infrastructures d’accueil.
A cela, s’ajoute le piètre accueil à
l’aéroport L. S. S., et le vieillissement
des produits : soleil, mer, restaurant, sans plus ni
moins. Et le tourisme de croisière, de sport,
de découverte etc…
C’est avec une prise de conscience de la part
des acteurs du privé et du public – ENSEMBLE
–, que le Sénégal pourra rebâtir
les bases de la relance du secteur, avec comme appui
une compagnie aérienne nationale dotée
d’une direction dont la mission sera essentiellement
limitée au tourisme.
La chasse aux « bana-banas » du réceptif,
transport des touristes, transfert et excursions, aux
antiquaires et autres retraités dont la seule
vocation est de gagner de l’argent à tout
prix : il faut que cela cesse, et il faut oser le dire
! L’Etat à lui seul, sans la complicité/solidarité
des privés du secteur, restera impuissant face
à ce phénomène social, qui est
un frein au développement du secteur.
Il faut un courage de fer pour assainir et il faut des
lois pour condamner les corrupteurs et les corrompus,
une loi très sévère et un contrôle
permanent de conformité, de sécurité,
des dispositions d’hygiène et de propreté,
des contrôles techniques des véhicules
de transport touristique et des visites médicales
renouvelées auprès des chauffeurs et personnels
de l’accueil et de la restauration, ainsi que
celui des guides touristiques.
Le Sénégal doit se hisser au niveau de
l’excellence et refuser la médiocrité,
le laisser-aller, la compromission, autant de maux que
l’on traîne et pour lesquels il faut de
l’autorité, de la volonté, et surtout,
ne pas hésiter à appliquer des sanctions.
Pour ma part, l’Agence de Promotion Touristique
est un instrument ; elle ne suffit pas. Il faudra des
moyens, mais surtout, des hommes dont la seule ambition
est de développer le tourisme.
S’agissant des résidences parahôtelières,
celles-ci participent à la diversification de
l’offre d’hébergement, et cela est
très important. Le phénomène n’est
pas nouveau : il appartient à l’Etat de
donner un statut et une réglementation à
ce type d’hébergement, qui en aucun cas,
ne peut et ne doit être considéré
comme une structure hôtelière.
Si nous sommes tous d’accord sur le fait que les
résidences hôtelières doivent payer
des taxes et des impôts, l’acharnement de
certains ne doit pas influencer les autorités,
au risque de mettre à genoux ce segment de l’offre
qui, il faut le rappeler, propose du tourisme chez l’habitant,
un tourisme de proximité, que nous appelons tourisme
intégré, et qui a sa clientèle.
En ce qui concerne la Casamance, si les autorités
aéroportuaires respectent leurs engagements en
ce qui concerne l’aéroport de Cap Skirring,
que des professionnels acceptent de mettre en place
un vol hebdomadaire supplémentaire et que les
hôteliers mettent suffisamment de lits. La Casamance
retrouvera sa place de leader du tourisme.
En conclusion, je pense que notre tourisme a besoin
de peu de paroles, de beaucoup plus d’actes et
de gestes positifs, et nous vaincrons le mal en allant
tous dans la même direction, et à condition
que chacun fasse ce qu’il sait faire, sans tricher
; c’est important… Et que le Sénégal
y gagne !
Cela dit, il est à déplorer aussi le manque
d’efficacité et de suivi de l’administration
nationale du tourisme, qui la plupart du temps, ne réagit
pas quand il le faut.
M. Faouzou Deme
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