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Tourisme : Cap sur 1.500.000 visiteurs en 2010
Article publié dans l'édition du Lundi 22 décembre
2003 du Soleil
Le tourisme est, aujourd’hui, un des premiers secteurs
de l’économie mondiale. Au Sénégal,
c’est le secteur-clé de l’économie.
Ces dix dernières années, il s’est hissé
au deuxième rang des activités d’exportation
après les pêches et bien avant les phosphates
et les arachides. Le tourisme est appelé à jouer
un rôle de premier plan dans la diversification de l’économie
sénégalaise, confrontée aux difficultés
résultant de la crise que connaît la production
des phosphates et des arachides qui, pendant longtemps, a
dominé les deux leviers de la croissance économique
de notre pays. En 2000, les recettes brutes du tourisme récepteur
en devises étaient estimées à 186,3 milliards
de FCFA. Des recettes qui ont entièrement couvert les
dépenses d’importation du riz et 75% de la facture
pétrolière. L’objectif du gouvernement
est d’atteindre, en 2010, 1.500.000 visiteurs pour faire,
définitivement, du secteur touristique, un des poumons
de l’économie nationale.
Défis à relever
Le tourisme est partie intégrante de l’économie
du Sénégal. Il en est la deuxième mamelle
et contribue, pour une large part, à la formation des
richesses nationales. L’activité touristique,
c’est sûr, a une grande marge de progression.
Toutefois, il faut déplorer la faible capacité
en lits : 19.200 pour 57 hôtels classés. Cette
capacité d’accueil, à dire vrai, n’autorise
pas des records en termes d’arrivées et de nuitées,
car à la pleine saison, la quasi-totalité des
réceptifs affiche complet. Il faut créer les
conditions d’aménagement qui répondront
mieux à un tourisme haut de gamme et mieux structuré.
Cela signifie davantage de routes carrossables, une électrification
plus décentralisée, des circuits plus alléchants
et l’intervention de vrais guides touristiques, etc.
Avec 670.000 arrivés prévues pour 2003, si la
tendance actuelle se maintient, le secteur peut faire mieux.
Le cap de 1.500.000 visiteurs en 2010 peut être atteint.
A condition que l’image du Sénégal soit
mieux vendue aux quatre coins du monde grâce à
une politique novatrice qui privilégie la méthode
et l’organisation. C’est plus une question de
promotion que d’attrait, d’autant plus que les
différentes facettes du tourisme se rencontrent dans
notre pays. Qu’il soit balnéaire, de vision,
de plaisance, cynégétique ou de découverte,
le tourisme, au Sénégal, offre mille opportunités
de s’évader, d’aller à la rencontre
de l’autre, de s’instruire, etc. Les prestations
sont variées et diverses, les potentialités
immenses, mais encore sous-exploitées. En définissant
les nouveaux chantiers de son département, le ministre
du Tourisme, M. Ousmane Masseck Ndiaye, a déjà
mené des actions vigoureuses qui ont contribué
à éliminer les forces d’inertie et facteurs
bloquants. Mais il reste encore beaucoup à faire pour
que notre pays se positionne davantage comme un leader en
matière de tourisme. S’il est une chose de diversifier
les pays fournisseurs de touristes, il en est une autre d’élargir
la gamme des produits offerts aux visiteurs. C’est là
l’un des nouveaux challenges auxquels doit faire face
le ministère du Tourisme. Un autre jalon à poser
reste l’assainissement du secteur. Assainissement au
niveau des professionnels, mais aussi au sein des irréguliers
de la para-hôtellerie, pour ne pas laisser la porte
ouverte à tous les excès dont la pédophilie.
Que des touristes veuillent descendre chez l’habitant
pour mieux se familiariser avec le vécu sénégalais,
c’est une bonne chose, mais leur apparente aisance est
souvent perçue comme un passe-droit pour toutes sortes
de dérives et déviances. Comme le dit le ministre
Ousmane Masseck Ndiaye : « la récréation
est terminée ». L’activité touristique
sera désormais strictement encadrée par les
lois et règlements.
SALIOU FATMA LO
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